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dimanche 24 juin 2012
jeudi 14 juin 2012
L'édito de Billets d'Afrique et d'Ailleurs (juin 2012)
Retrouvez ici chaque mois l'édito du mensuel publié par SURVIE :
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La colonisation : un point de détail de l’histoire républicaine
En plaçant son mandat sous le patronage de Jules Ferry, notre nouveau président fait de l’entreprise coloniale et du racisme d’État un point de détail de notre histoire. Il ne semble pas avoir compris que les mots, proférés par Ferry du haut de la tribune de la chambre des députés, « il faut parler plus haut et plus vrai ! il faut dire ouvertement que les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures », ouvrirent l’ère « des plus grands massacres que l’humanité ait connue, et finalement de l’« ensauvagement » du continent européen » (Césaire).
Ce catéchisme laïc de l’inégalité des races, l’instruction obligatoire permit de
l’enfoncer dans la tête de tous les petits Français, dès lors disposés à accepter
le pire. Ferry a donné à l’impérialisme sa justification définitive. « Je répète qu’il
y a pour les races supérieures un droit, parce qu’il y a un devoir pour elles.
Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures. » Voilà les interventions les
plus brutales sacralisées par la supériorité morale. Voilà l’humanisme lui-même
commandant d’exterminer tous ceux qui résistent à l’avancée de la civilisation.
La récente démocratisation à la bombe de la Côte d’ivoire et de la Libye n’est
que la dernière application du principe.
À moins que Hollande n’ait en toute connaissance de cause mis ses pas
dans ceux du promoteur de l’expansion coloniale. Il est vrai que la gauche de
gouvernement a toujours été partie prenante de l’entreprise impériale, du front
populaire au génocide rwandais en passant par le gouvernement Mollet. On
connaît les hauts faits de Mitterrand, de l’Algérie jusqu’au Rwanda. Ces mots
qu’il eut à la fin de son second mandat : « Je le dis solennellement : la France doit
maintenir sa route et refuser de réduire ses ambitions africaines. La France ne
serait plus tout à fait elle-même si elle renonçait à être présente en Afrique » font
écho à ceux de Ferry : « La France ne veut pas être seulement un pays libre, mais
un grand pays, exerçant son influence sur les destinées du monde et répandant,
partout où il peut les porter, ses mœurs, sa langue, ses armes, son drapeau, son
génie. »
Des historiens ont jugé anachroniques les protestations suscitées par le choix
de Hollande : rien n’est plus faux. Bien des députés de 1885, tant de gauche que
de droite, virent à juste titre dans cette théorisation raciale de la colonisation
« l’abdication des principes de 1789 et de 1848 », « la justification de l’esclavage
et de la traite des nègres ». Quant à Clémenceau, il répliqua :
« Regardez l’histoire de la conquête de ces peuples que vous dites barbares et vous y verrez la violence, tous les crimes déchaînés, l’oppression, le sang coulant à flots, le faible opprimé, tyrannisé par le vainqueur ! Voilà l’histoire de votre civilisation ! [...] Combien de crimes atroces, effroyables ont été commis au nom de la justice et de la civilisation. »
Ce qui est anachronique, c’est cette promotion de l’inventeur du racisme d’État
au rang de saint patron des élèves d’aujourd’hui, dont une partie est issue de
ces peuples réputés inférieurs par Ferry. Qu’arriverait-t-il si certains d’entre eux,
issus ou non de ces « races » inférieures, refusaient de participer à un hommage
qu’un enseignant, fort de l’exemple donné en haut lieu, s’aviserait de leur
imposer ?
L’hommage au représentant le plus fameux du lobby colonial fait
craindre que, bien loin de « faire de l’école un lieu d’intégration de tous les enfants
de la République », objectif affiché par Hollande, on continue, sous couvert de
laïcité, à exclure des jeunes filles modestes de l’école publique sous le prétexte
qu’elles portent un foulard tout en subventionnant massivement l’enseignement
catholique. Ici comme outre-mer, il s’agira toujours de « civiliser » les inférieurs.
Odile Tobner
vendredi 8 juin 2012
Rwanda: Paul Barril interrogé par le juge Trévidic
(http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20120607.OBS7925/info-obs-genocide-rwandais-paul-barril-entendu-par-la-justice.html)
L'ex-gendarme de l'Elysée a été entendu jeudi par le juge Marc Trévidic sur son rôle encore obscur dans l'attentat contre l'avion du président Habyarimana.
Pour la première fois, aujourd’hui, Paul Barril a été entendu par le juge Marc Trévidic chargé d’enquêter sur l’attentat qui déclencha, en 1994, le génocide des Tutsis au Rwanda. Son audition pourrait constituer un tournant dans cette affaire restée à ce jour non élucidée. L’ex-gendarme de l’Elysée reconverti dans la sécurité privée a longtemps affirmé posséder des "preuves" de l’implication des rebelles tutsis du FPR dans l’attaque contre l’avion du président hutu, Juvénal Habyarimana. On se souvient de sa fameuse "boîte noire" exhibée sur le plateau de France 2. La pièce de métal n’était en réalité qu’une simple balise. L’homme a été interrogé à trois reprises par le juge Jean-Louis Bruguière, le premier à avoir instruit le dossier, sur ses prétendues pièces à conviction qui se sont toutes révélées fausses ou presque. En revanche, il n’a jamais eu à s’expliquer sur ses activités mercenaires au Rwanda, avant et après le génocide. Surtout, il n’a jamais eu à répondre à une question : où était-il le soir de l’attentat ?
L'ex-gendarme de l'Elysée a été entendu jeudi par le juge Marc Trévidic sur son rôle encore obscur dans l'attentat contre l'avion du président Habyarimana.
Pour la première fois, aujourd’hui, Paul Barril a été entendu par le juge Marc Trévidic chargé d’enquêter sur l’attentat qui déclencha, en 1994, le génocide des Tutsis au Rwanda. Son audition pourrait constituer un tournant dans cette affaire restée à ce jour non élucidée. L’ex-gendarme de l’Elysée reconverti dans la sécurité privée a longtemps affirmé posséder des "preuves" de l’implication des rebelles tutsis du FPR dans l’attaque contre l’avion du président hutu, Juvénal Habyarimana. On se souvient de sa fameuse "boîte noire" exhibée sur le plateau de France 2. La pièce de métal n’était en réalité qu’une simple balise. L’homme a été interrogé à trois reprises par le juge Jean-Louis Bruguière, le premier à avoir instruit le dossier, sur ses prétendues pièces à conviction qui se sont toutes révélées fausses ou presque. En revanche, il n’a jamais eu à s’expliquer sur ses activités mercenaires au Rwanda, avant et après le génocide. Surtout, il n’a jamais eu à répondre à une question : où était-il le soir de l’attentat ?
lundi 4 juin 2012
Quelle justice en France pour les présumés génocidaires?
C’est lors de l’audience du 11 janvier de la Cour d’appel de Paris que l’on apprenait que le dossier d’extradition de Hyacinthe Rafiki Nsengiyumva, ancien ministre des Transports dans le gouvernement génocidaire rwandais en 1994 avait été égaré en novembre dernier ! Résultat : pas de dossier, plus d’affaire.
Visé par un mandat d’arrêt émis par la justice rwandaise en 2008 pour sa participation présumée au génocide de 1994, M. Nsengiyumva avait été arrêté le 9 août à Créteil, puis incarcéré à Paris, avant d’en être libéré fin septembre. Par ailleurs, membre fondateur des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) dont les crimes contre l’humanité perpétrés au Congo sont régulièrement dénoncés, M.Nsengiyumva était depuis sous contrôle judiciaire. Qu’à cela ne tienne donc, l’audience de la chambre d’instruction était reportée au 22 février.
LIRE LA SUITE...
Radio: le Mali au coeur de la tourmente
Le 22 Mars dernier, des militaires faisaient leur apparition sur les écrans maliens, balbutiant un texte expliquant qu'ils mettaient fin à la gouvernance d'Amadou Toumani Touré, lequel allait quitter le pouvoir quatre semaines plus tard. La démocratie malienne, titrée d'exemplaire par l'ensemble de la communauté internationale, flanchait, vacillait, laissant place à un chaos institutionnel, entre une partie nord occupée par des rebelles indépendantistes touareg, et des milices islamistes, et une partie sud où des sous-gradés s'agrippent au pouvoir. Notre émission est consacrée à un retour sur ces évènements.
Dans la deuxième partie, nous reviendrons sur des évènements récents liés au génocide des Tutsi du Rwanda: rapport Trévidic, mise en examen de Sosthène Munyemana... autant de sujets que les participants à notre projection-débat de vendredi dernier ont pu abordé.
Dans la deuxième partie, nous reviendrons sur des évènements récents liés au génocide des Tutsi du Rwanda: rapport Trévidic, mise en examen de Sosthène Munyemana... autant de sujets que les participants à notre projection-débat de vendredi dernier ont pu abordé.
lundi 14 mai 2012
Vendredi 1er juin: Ciné-débat à l'Utopia sur le génocide des Tutsi et Hutu modérés du Rwanda
Survie Gironde, l'association Cauri et le Collectif Girondin pour le Rwanda organisent la projection du film :
SOMETIMES IS APRIL
de Raoul Peck
de Raoul Peck
le 1er Juin à 20h30 à l'Utopia. Cette projection sera suivie d'un débat avec Adélaïde Mukantabana, rescapée du génocide, présidente de l'association Cauri, Alain Gauthier, président du Collectif des Parties Civiles pour le Rwanda (CPCR) et Thierno I. Dia, chercheur en arts et critique de cinéma.
Vous trouverez des informations sur cette soirée sur la page de l'Utopia. Ci-dessous, un entretien de Raoul Peck au sujet de cette réalisation:
Entretien Raoul Peck (1) par rue89
Entretien Raoul Peck (2) par rue89
Survie réclame depuis 1994 que la justice se prononce sur la complicité d'hommes politiques et de militaires français dans la préparation et la réalisation de ce génocide, ainsi que dans la fuite des responsables.
Pour en savoir plus, vous trouverez sur notre blog :
Vous trouverez également de nombreux articles dans les archives de Survie, le plus récent étant celui-ci sur la scandaleuse disparition au tribunal de Paris du dossier d'extradition de Hyacinthe Rafiki Nsengiyumva, ancien ministre des Transports dans le gouvernement génocidaire rwandais en 1994.
L'édito de Billets d'Afrique et d'Ailleurs (mai 2012)
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Les grands cimetières sous la mer
Dans la plainte dont ils viennent de saisir la justice française, quatre des survivants
du naufrage d’un Zodiac en Méditerranée accusent l’armée française d’avoir refusé
de leur porter secours.
On se souvient qu’en mars 2011, à la suite de l’intervention
militaire en Libye, soixante-douze migrants d’origine subsaharienne,
dont deux bébés, s’embarquaient de Tripoli à destination de Lampedusa. En
panne de carburant, l’embarcation part à la dérive dans une odyssée
cauchemardesque avant de s’échouer sur la côte libyenne, avec seulement
neuf survivants à son bord. Alors que les garde-côtes italiens avaient
largement diffusé l’appel de détresse lancé par les naufragés, aucun des
bâtiments
présents sur le secteur ne s’est porté à leur secours.Pourtant, comme le souligne maître Maugendre, avocat des plaignants, « les militaires français ne pouvaient pas ignorer la présence du bateau dans le secteur, ni ignorer qu’il était en détresse. Entre ses différents bateaux, les sous-marins et les hélicoptères, la France était l’armée la plus présente en Méditerranée ». D’ailleurs, dans un rapport publié le 24 avril, le Conseil de l’Europe demande au commandement de l’Otan et aux États dont des bâtiments se trouvaient sur zone d’enquêter sur ce « dysfonctionnement » des secours en mer. Il faut rappeler que des navires de guerre de France, de Grande-Bretagne, d’Italie, d’Espagne, des États-Unis et du Canada patrouillaient alors dans le secteur.
Ce drame effroyable n’est hélas qu’un épisode de la tragédie qui se déroule en Méditerranée, où périssent chaque année plus d’un millier de migrants africains dans l’indifférence générale. Pis, non contents de refuser de porter secours à ces malheureux, les États européens organisent leur refoulement et pénalisent leur sauvetage, au mépris des conventions internationales et des principes immémoriaux du droit de la mer. L’ONG belge Centre Avec a exposé de façon détaillée, dans une étude publiée en décembre 2010, comment des États européens interdisent en fait de porter secours aux naufragés en sanctionnant lourdement les patrons pêcheurs qui passent outre. Au mieux, ils sont empêchés d’accoster et subissent de longs jours d’immobilisation. Au pire, leur bateau est confisqué et ils encourent des peines de prison pour « aide à l’immigration illégale ». Conséquence de cette politique, les bateaux de pêche s’éloignent quand ils aperçoivent l’une de ces embarcations maudites, au mépris de tous les usages qui font l’honneur des gens de mer. L’ONG souligne avec raison que ce sont les valeurs européennes qui font naufrage en Méditerranée.
Cette situation rappelle la tragédie que vit l’archipel des Comores, où, chaque année, des centaines de personnes disparaissent en tentant de traverser, à bord d’embarcations de fortune, le bras de mer qui sépare Anjouan de Mayotte. Le 23 février à Mamoudzou, une marche a été organisée en leur mémoire, mais en dépit – ou à cause – de la responsabilité de l’État français dans cette situation, le terrible sort de ces malheureux ne mobilise pas les médias français comme avait pu le faire celui des boat people de 1979. Aucun French Doctor ne lance en leur faveur d’opérations de sauvetage similaires au « Bateau pour le Vietnam » destiné à porter secours en mer de Chine aux Vietnamiens fuyant le régime communiste.
C’est que les boat people d’aujourd’hui ont le malheur d’être les victimes de l’oppression économique de l’Afrique par les maîtres du monde, pour qui les êtres humains, quand ils ne leur servent à rien, ne sont que des déchets à rejeter.
Suivant l’exemple du patron du Francisco y Cataluna, bloqué une semaine sans pouvoir pêcher au large du port maltais de La Valette pour avoir recueilli à son bord des naufragés et qui avait déclaré qu’il recueillerait à nouveau des perdus en mer parce que c’était pour lui une obligation, des associations ont formé le projet boats 4 people. En juillet 2012 une flottille appareillera, de Tunisie et de Sicile, pour faire en sorte que la Méditerranée ne soit plus le tombeau des Africains, chassés de chez eux par le désordre mondial.
Odile Tobner
samedi 5 mai 2012
Entretien avec Simon du mouvement "Y en a marre!"
25 Mars 2012. Macky Sall devient président du Sénégal et signe la défaite d'Abdoulaye Wade, président depuis 2000. Ce dernier, à l'âge de 86 ans, se présentait devant le peuple sénégalais pour un troisième mandat... après avoir lui-même modifié la constitution, limitant le nombre de mandats présidentiels à deux.
Ces élections se sont donc déroulées dans un climat de tension fort, des heurts étant ponctuellement intervenus depuis début 2011 entre les forces de l'ordre et une population exaspérée par des conditions de vie précaires (coupures d'électricité, innondations, chômage, ...), par la corruption de la classe dirigeante, et l'arbitraire d'un pouvoir outrepassant les lois à sa guise.
Le mouvement "Y en a mare!", créé en Janvier 2011, canalisa cette contestation populaire, fit un travail de terrain afin de sensibiliser la population au vote, et afin de prêter une oreille et une voix aux plaintes des Sénégalais. En tant que porte-parole de cette souffrance et de cette exaspération, il joua un grand rôle dans la défaite de Wade malgré sa tentative de coup d'état constitutionnel, et appelle aujourd'hui les Sénégalais à prendre le destin de leur pays dans leurs propres mains.
Simon, membre fondateur du mouvement, revient dans cet entretien sur la génèse du mouvement, sur les différentes étapes et tournants de cette révolte populaire et de son avenir.
Ces élections se sont donc déroulées dans un climat de tension fort, des heurts étant ponctuellement intervenus depuis début 2011 entre les forces de l'ordre et une population exaspérée par des conditions de vie précaires (coupures d'électricité, innondations, chômage, ...), par la corruption de la classe dirigeante, et l'arbitraire d'un pouvoir outrepassant les lois à sa guise.
Le mouvement "Y en a mare!", créé en Janvier 2011, canalisa cette contestation populaire, fit un travail de terrain afin de sensibiliser la population au vote, et afin de prêter une oreille et une voix aux plaintes des Sénégalais. En tant que porte-parole de cette souffrance et de cette exaspération, il joua un grand rôle dans la défaite de Wade malgré sa tentative de coup d'état constitutionnel, et appelle aujourd'hui les Sénégalais à prendre le destin de leur pays dans leurs propres mains.
Simon, membre fondateur du mouvement, revient dans cet entretien sur la génèse du mouvement, sur les différentes étapes et tournants de cette révolte populaire et de son avenir.
mercredi 25 avril 2012
Les Mobilisations Citoyennes durant les élections présidentielles de 2012 au Sénégal
Débats avec Simon, Coordinateur du Mouvement Y’en a Marre !
Le
mouvement Y en a marre!
est né au printemps dernier, à l'initiative de rappeurs, qui, par
leurs discours, leur engagement, leur énergie, ont canalisé et
donné une voix au mécontentement grandissant de la population
Sénégalaise.
Mouvement de contestation, mouvement de pression,
mouvement citoyen, il a joué un rôle clé dans la défaite
d'Abdoulaye Wade aux dernières élections présidentielles, quand
celui-ci pensait pouvoir endormir son peuple afin de s'accrocher au
pouvoir.
Y’en a
marre ! se pose aujourd'hui comme le représentant d’une
jeunesse sénégalaise, créative et militante au service d’un
renouveau politique plus près des préoccupations des populations et
de l’intérêt général.
Simon,
rappeur connu du milieu hip-hop bordelais où il résida jusqu'en
2008, est un des membres fondateur de Y
en a marre !. Il revient de
Dakar afin de nous faire partager l'expérience de sa lutte, ainsi que ses convictions, entre musique, projections de films et
discussions.
Plusieurs
dates sont prévues à Paris, Bordeaux et Bayonne pour transmettre un vécu,
échanger sur les enjeux de l’après-élection avec toutes les
personnes que le devenir des Etats africains préoccupe.
- Vendredi 4 mai 2012 : de 20 h à Minuit, à Rock School Barbey, 18 cours Barbey 33800 Bordeaux (cf affiche ci dessous)
- Projection de films sur le Nouveau Type de Sénégalais
- Débats
- Concert (entrée libre - merci de participer aux frais dans la mesure de votre possible)
- Samedi 5 mai 2012 de 14h à 18h : à « la Cite Traeger » rue Boinod face 28 rue Boinod 75018 Paris, Metro Marcadet, ligne 4
- Projection de films sur le Nouveau Type de Sénégalais
- Débats
- Dimanche 6 mai 2012 : Bayonne
- Projection de films sur le Nouveau Type de Sénégalais
- Débats
- Lundi 7 mai 2012, de 20h à 22h : Athénée Municipale, Place Saint Christoly, Bordeaux (ici)
- Projection de films sur le Nouveau Type de Sénégalais
- Débats
-
- Projection de films sur le Nouveau Type de Sénégalais
- Débats
- Mercredi 9 mai 2012 : Toulouse
- Projection de films sur le Nouveau Type de Sénégalais
- Débats
jeudi 19 avril 2012
L'édito de Billets d'Afrique et d'Ailleurs (avril 2012)
Retrouvez ici chaque mois l'édito du mensuel publié par SURVIE :
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Le Mali dans l’œil du cyclone
Après la Libye et la Côte d’Ivoire, passées sous contrôle occidental à la suite de guerres menées notamment par l’armée française, on subodorait que le Mali était le prochain sur la liste.
Cela n’a pas manqué : on assiste depuis janvier 2012 à la réactivation de la rébellion du mouvement national de libération de l’Azawad, mouvement sécessionniste revendiquant la partie saharienne du territoire malien.Puissamment armé, le MNLA a lancé dans le nord-est du pays une offensive victorieuse contre l’armée malienne. Le 24 janvier, à Aguel Hok, les rebelles ont exécuté, dans des conditions atroces, 80 prisonniers de guerre. On peut voir dans ce massacre l’origine du putsch militaire qui a renversé, le 21 mars, le président Amadou Toumani Touré. Depuis février, en effet, des familles de militaires, mais aussi des jeunes, se rassemblent pour dénoncer l’impuissance du chef de l’État, voire sa complicité avec la rébellion, et ces manifestations, parties du camp militaire de Kati, ont gagné Bamako et Ségou.
Les déclarations faites le 26 février par Juppé à Bamako, où il a été accueilli par des manifestations hostiles, n’ont fait que jeter de l’huile sur le feu. Celui-ci s’est dit convaincu qu’il n’y aurait pas de solution militaire à la crise au Nord-Mali, ajoutant : « Il faut donc prendre la voie du dialogue aussi inclusif que possible avec tous ceux qui doivent s’assoir autour de la table et le président Amadou Toumani Touré a confirmé que c’était son intention ». C’était méconnaître totalement la situation ainsi que l’état d’esprit de l’armée et de la population malienne. En pompier pyromane, le même Juppé n’a pas manqué, une fois Touré destitué par de jeunes officiers, de lancer de vertueux appels au retour de la légalité constitutionnelle, demandant à la junte militaire d’organiser des élections.
Pendant ce temps, les vastes étendues du nord sont livrées à divers mouvements groupusculaires, mais surarmés. Outre le MNLA, on a le MPA (Mouvement populaire de l’Azawad) salafiste devenu le mouvement fondamentaliste Ançar Edine, sans compter l’AQMI, qui, ensemble ou séparément, revendiquent de lutter, qui contre l’État malien, qui pour la Charia, contre l’Occident, etc. Les habitants des localités du nord, en butte à leurs attaques ou craignant les représailles, s’enfuient vers le sud ou les pays limitrophes. Une grande partie des 200 000 personnes qui ont ainsi fui les combats vivent désormais dans des conditions critiques sur le plan humanitaire. Le cortège habituel des calamités de guerre s’abat sur un pays qui a le malheur de se trouver pris entre les manœuvres d’une politique française à la gribouille et la convoitise que suscite, chez les grandes puissances, un territoire quasi vide et recelant d’immenses ressources minières encore inexploitées. Une telle situation est propice à la création d’un État-fantôme assujetti, dont on fera au minimum peser la menace sur le Mali s’il ne consent pas à s’aligner sur les mots d’ordre de « protecteurs » intéressés.
On observe en effet que ni la CEDEAO, communauté des États d’Afrique de l’Ouest, ni la France, ni les États-Unis, ni l’Union européenne, si empressés à exiger des putschistes le retour à la légalité républicaine, n’ont demandé aux mouvements séparatistes qui sèment le chaos au Sahara de cesser leurs violentes attaques contre l’État et les citoyens maliens. Il faut croire qu’un Mali rétif aux injonctions des puissances étrangères gêne plus les appétits impérialistes qu’une guerre civile frappant opportunément une région convoitée.
Odile Tobner
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