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LA FRANÇAFRIQUE N'EST PAS UNE FATALITÉ !
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jeudi 27 mars 2014

25 avril : Officiers français et génocide tutsi, rencontre à la librairie georges

Survie Gironde organise une 
Rencontre /Débat avec François Graner autour de son livre : 

Le sabre et la machette
 Officiers français et génocide tutsi 


Une démarche originale pour comprendre le rôle des officiers français dans le génocide tutsi : partir de leurs propres déclarations. Evénement majeur, ce génocide s’est déroulé au Rwanda il y a tout juste vingt ans : en 1994, près d’un million de Tutsi ont été tués en quelques semaines. Depuis, des polémiques sur la responsabilité de la France ont enflé. Des officiers français ont été mis en cause. Pour justifier leurs actions, ils écrivent des livres et multiplient encore aujourd’hui les déclarations publiques. Les recouper fait émerger des informations inédites et permet aux non-spécialistes de se faire leur propre opinion.  

Nous vous invitons à le rencontrer le 25 avril à 18h
à la Librairie Georges

Librairie Georges
300, cours de la libération à TALENCE
0556046800
Tram ligne B station Forum
www.librairiegeorges.com


mercredi 26 mars 2014

20ème commémoration du génocide des Tutsi à Bordeaux

Survie Gironde s'associe à l'association Cauri, et vous présente l'agenda des événements commémoratifs.
 Nous comptons sur votre soutien et votre présence dans ces moments d'hommage aux victimes du génocide des Tutsi.



samedi 5 avril : Journée d'Interpellation Citoyenne nationale sur les responsabilités françaises dans le génocide des Tutsi. Retrouvez Survie Gironde au marché des Capucins le matin puis place St Projet, place Pey-Berland et place Camille Jullian l'après-midi.
L'objectif de la journée est d'interpeller les passants pour échanger avec eux et les informer sur le soutien massif des autorités françaises aux génocidaires avant, pendant et après le génocide (voir ici).
Vous trouverez en PJ un flyer sur cette journée, merci de le faire circuler.


Dimanche 6 avril 20h30 : Projection du film Sometimes in April à la chapelle de Mussonville à Bègles.


Lundi 7 avril : Journée d'hommage aux victimes du génocide.
- 11h rassemblement sur le pont de Pierre et jet de fleurs
- 18h projections, chants et lectures à l'espace de L'Homme debout de Bruce Clarke, chapelle de Mussonville à Bègles.
- 14h à Sciences-Po Bordeaux, témoignages croisés autour du génocide des Tutsi, avec Adelaide Mukantabana, rescapée et présidente de Cauri, et Jean-Pierre Causse, auteur du livre "Alain Juppé et le Rwanda". Arrêt Tram Montaigne-Montesquieu, Salle Monnet.


Mardi 8 avril : Rencontre avec Jean-Pierre Cosse à 19hres autour de son livre Alain Juppé et le Rwanda, salle de la cheminée, cinéma Utopia.


Jeudi 10 avril à 18h : Rencontre avec Jean-Pierre Causse autour de son livre Alain Juppé et le Rwanda à la librairie Georges à Talence.


Vendredi 25 avril à 18h : Rencontre avec François Graner autour de son livre Le sabre et la machette, Officiers français et génocide tutsi à la librairie Georges à Talence. Plus d'infos ici.


Mardi 27 mai à 20h30 : Projection-débat à l'Utopia autour du film 20 ans plus tard d'Aimable Karirima, en présence du réalisateur.





05 avril : Journée d'Interpellation sur les responsabilités françaises dans le génocide des Tutsi

Samedi 05 avril, Survie organise une Journée d'Interpellation Citoyenne partout en France sur les responsabilités françaises dans le génocide des Tutsi

À Bordeaux, Survie Gironde démarrera la journée au marché des Capucins, puis s'installera place St Projet (rue Ste Catherine), place Pey-Berland et place Camille Jullian (cinéma Utopia). 
L'objectif de la journée est d'interpeller les passants pour échanger avec eux et les informer sur le soutien massif des autorités françaises aux génocidaires avant, pendant et après le génocide (voir ici).


Vous pouvez :

- nous rejoindre pour réclamer que les responsabilités françaises dans ce génocide soient connues et jugées,

- nous retrouver pour vous informer et échanger sur ces  responsabilités françaises.


"Commémorer, c'est aussi faire un effort de reconstitution des faits, c'est sortir de l’ignorance, c'est briser le silence qui mine les survivants devenus muets devant l'ignominie, c'est briser le silence dont se couvrent les bourreaux pour échapper à la justice, c'est briser le silence des décideurs militaires et politiques français de 1994.
Un génocide est un crime qui nous concerne tous. L'indifférence, c'est déjà l'acceptation.
"
Adélaïde Mukantabana, rescapée et présidente de Cauri.



lundi 10 mars 2014

Festival des Ressorts du 13 au 16 Mars

Les conférenciers gesticulants organisent un festival du 13 au 16 Mars, à Lamotte-Landerron.

Au pogramme des des conférences, gesticulées, des ateliers, des concerts, du slam, des échanges, et beaucoup d'éducation populaire!

  • Jeudi 13 Mars
    • 19h30: Marche ou (C)Reve! La grande traversée des violences conjugales (Conf Gesticulée de Laetitia Mazoyer)
    • 21h15: Slam! (Animé par Daïtoha et le Bon Slamaritain)
    • 22h30: Bal Trad (Animé par Gerard Baraton)
  • Vendredi 14 Mars
    • 19h30: Sid Khattry et Hugo Fourcade - Le savoir c'est pas fait pour moi (ou comment on a monté une université populaire) (Conf Gesticulée)
    • 21h45: Slam! (Collectif Slam Bordeaux)
    • 23h: Le Delirium du Papillon (Spectacle clownesque par Typhus Bronx)
  • Samedi 15 Mars
    • 14h: Comment j'ai arrêté de rire au Ministère de l'Agriculture (Conf Gesticulée de Claire-Emmanuelle Mercier)
    • 16h: Le travail est un sport collectif - Lutter contre la souffrance au travail (Conf Gesticulée de Christophe Abramovsky)
    • 18h: Colibri sur lit de prophéties, recette pour changer le monde (Conf Gesticulée de Alec Somoza)
    • 21h30: Accouche et tais-toi! (Conf Gesticulée de Mathilde Defromont)
    • 23h30: L'affaire Barthab (Musique)
Des ateliers seront organisés le dimanche, de 10h à 15h, avec entre autres, une conférence gesticulée sur le génocide des Tutsi du Rwanda en 1994.

Toutes les infos sont ici:http://assolagrange.blogspot.fr/2014/02/festival-des-ressorts.html

vendredi 21 février 2014

L'accaparemment des terres en Afrique Subsaharienne: les cas du Burkina Faso et du Mali

Le Jeudi 27 Février à 18h30, rendez-vous au Boulevard des Potes (29 rue Bergeret, Bordeaux), pour une pojection-débat organisée par le Mouvement Burkinabe des Droits de L'Homme et des Peuples (MBDHP)-Comité
Régional Aquitaine.

Pour cette soirée le film documentaire «Cassou, quand la terre parlera » de Laurent Ouedraogo sera projeté:
A Cassou, village situé dans le sud-est du Burkina Faso, les terres fertiles sont convoitées par des nouveaux acteurs de l'agrobusiness fortement encouragé par une politique agricole néo-libérale.
Ces prédateurs usent de divers subterfuges pour accaparer les terres des paysans pauvres et leurs familles qui se retrouvent démunis sans terre, sans ressources pour vivre.
Mais les jeunes paysans ne restent pas passifs et expriment leur sentiment de révolte contre cette injustice.


Pendant le débat, vous pourrez interroger Abdourhamane Ndiaye, Enseignant-Chercheur Economiste à l'Université Bordeaux Montaigne.

vendredi 14 février 2014

jeudi 20 et samedi 22 février : La France en guerre en Afrique


Le Centre de recherche "Les Afriques dans le Monde" (Sciences-Po Bordeaux et CNRS) organise

jeudi 20 février de 18h à 20h

un séminaire intitulé :
Interventions armées internationales en Afrique. 
La guerre au nom de quoi ?

3 intervenants seront présents, dont Fabrice Tarrit, Président de Survie France,  qui axera son intervention sous le thème :
  
Mali, Sahel, Centrafrique : 
une re-légitimation de l'ingérence française ?

Les autres intervenants seront :
Romain Esmenjaud (docteur en sciences politiques, chargé de mission à la Délégation aux Affaires stratégiques au ministère de la Défense)
Nina Wilén (politiste, auteure de Justifying Interventions in Africa) : Le rôle de l'ONU au Burundi, au Rwanda et au Congo.

Ce séminaire aura lieu à l'Université Bordeaux Ségalen, Amphithéâtre Denucé, place de la Victoire.
Il est président de l'association Survie depuis 2011.


Samedi 22 février à 17h
 
La Librairie du Muguet et Survie Gironde vous invitent à une rencontre débat avec Fabrice Tarrit autour du même thème :


Que fait l'armée française en Afrique ?
 
Cette rencontre aura lieu à l'Athénée Libertaire, 7 rue du muguet à Bordeaux (proche du cours V. Hugo, arrêt tram « porte de Bourgogne » ligne A et C). Entrée libre.

 
A noter que Fabrice Tarrit sera vendredi, entre ces deux interventions girondines, chez nos voisins toulousains, plus d'infos ici.



mercredi 5 février 2014

Rwanda - 20 ans après, exigeons la fin de l'impunité

L'année 2014 marque les 20 ans du génocide des Tutsi au Rwanda et les 20 ans de l'engagement de Survie pour informer sur ce thème et dénoncer sans relâche les complicités françaises dans ce génocide.
C'est une année majeure pour la lutte contre l'impunité, car s'est ouvert le 4 Février à Paris le premier procès d'un présumé génocidaire rwandais en France.
C'est également une année majeure pour l'association, puisque Survie est engagée dans ce combat judiciaire, et lance en parallèle une campagne pour exiger la fin de l'impunité pour les complices du génocide.

Actualité judiciaire
Le procès du présumé génocidaire rwandais Pascal Simbikangwa, pour complicité de génocide, s'est ouvert aujourd'hui à la Cour d'assises du Tribunal de Paris. Survie, aux côtés d'autres associations, est partie civile dans ce procès et y est représentée par un avocat.
Lire notre communiqué de presse : Simbikangwa, un procès historique mais tardif
Le Collectif pour les parties civiles sur le Rwanda (CPCR) a créé un site internet où vous pourrez suivre au jour le jour son déroulé :

Campagne « Génocide des Tutsi au Rwanda 20 ans après – Exigeons la fin de l'impunité »
 Survie lance en 2014 une campagne exigeant la fin de l'impunité pour les complices du génocide et poursuit son travail d'information et d'interpellation sur la complicité de la France dans ce génocide.
Outre l'engagement de Survie dans le combat judiciaire, de nombreuses actions sont prévues pour cette campagne, notamment :
  • un appel contre l'impunité et des mobilisations dans l'espace public autour de ce thème ;
  • une journée d'action nationale en avril dans les groupes locaux ;
  • la tournée de deux intervenants dans les groupes locaux : Venuste Kayimahe, auteur du livre France-Rwanda, les coulisses du génocide ; et François Graner pour son livre Le sabre et la machette : officiers français et génocide Tutsi. Nous vous invitons à vous rapprocher du groupe local le plus proche pour être informé-e de leur venue.
  • un colloque à Paris au printemps sur le thème de l'impunité.
Des outils d'information et de communication seront à votre disposition : un espace dédié sur le site internet, un 4-pages actualisé sur la complicité française dans le génocide des Tutsi, une exposition réalisée par le groupe Survie Haute-Savoie, une communication spécifique sur l'actualité judiciaire, etc.

Réédition du livre de François-Xavier Verschave Complicité de génocide ? La politique de la France au Rwanda
Fin 1994, quelques mois après la fin du génocide, François-Xavier Verschave publiait déjà un livre dense, très documenté, et profondément choquant sur le rôle de l'Etat français dans le génocide.
A l'occasion des 20 ans du génocide des Tutsi et de sa campagne, Survie a soutenu la réédition de ce livre, vous pouvez vous le procurer auprès du siège de Survie et de nos groupes locaux (au prix de 17€).

Participez !

L’accord de coopération de défense entre la France et le Mali ou le retour au temps béni des colonies

Alors que l’opération Serval vient de fêter sa première année, l’association Survie dénonce la signature imminente d’un accord de coopération de défense entre la France et le Mali, qui constitue un grave retour en arrière sur le plan de l’indépendance et de la souveraineté maliennes, comme plusieurs mouvements de la société civile malienne s’en sont déjà alarmés. 

Tandis que le gouvernement précédent avait amorcé la divulgation et la soumission au Parlement de huit « partenariats de défense », destinés à remplacer les accords signés au lendemain des indépendances africaines avec certaines anciennes colonies françaises [1], un accord tout aussi stratégique avec le Mali devrait être signé le 20 janvier dans le plus grand secret. Les informations sur cet accord révélées par Le Monde laissent présager d’une future mainmise de la France sur le Mali hautement condamnable.



Alors que la tendance de ces dernières années était à l’amorce d’une réduction, particulièrement souhaitable, de la présence de l’armée française en Afrique, l’accord devrait entériner le maintien sur le territoire malien d’une force permanente d’un millier d’hommes, sous couvert de lutte antiterroriste. Un déploiement permanent va à l’encontre de l’histoire des relations militaires entre la France et le Mali et de l’accord de coopération militaire de 1985 entre les deux pays, stipulant explicitement l’impossibilité de déployer des unités constituées de l’armée françaises sur le territoire malien.

La pérennisation de l’opération Serval, dont le cadre légal actuel est déjà scandaleux, interroge les motivations réelles du gouvernement français dans le déclenchement de la guerre.

Sans complexe, la France annonce qu’elle va fouler aux pieds la souveraineté de l’Etat malien, déjà mise à mal par la situation à Kidal : « Paris agira selon ses besoins. S’il s’agit officiellement de mieux échanger le renseignement, cela n’ira pas jusqu’à informer au préalable les autorités maliennes des actions entreprises », peut-on lire dans l’article du Monde. On y apprend également que la tutelle exercée par les militaires français sur les troupes maliennes sera pérennisée puisque des détachements français encadreront l’armée nationale, mais qu’en plus Serval pourra jouer le rôle de « force de réaction rapide » pour l’armée malienne. » En vertu de cet accord la France sera de fait toute puissante sur le territoire malien, reléguant le Mali au rang de simple département comme au temps de la colonisation.

En conséquence, Survie demande :
  • L’annulation de l’accord de défense entre la France et le Mali
  • La complète transparence des accords de défense et de coopération militaire
  • Un contrôle parlementaire systématique des actions engagées par l’exécutif français en matière de défense, y compris la signature de tels accords
  • La fermeture des bases militaires françaises sur le continent africain. 
[1] Côte d’Ivoire, Cameroun, République centrafricaine, Comores, Djibouti, Gabon, Sénégal, Togo

vendredi 24 janvier 2014

Boubacar Diop: «L'exception française, c'est ce refus de décoloniser»

" Peut-être faudrait-il écrire dans les écoles : 
«La Françafrique est un crime contre l’Humanité !» "
 

|  Par Thomas Cantaloube

Cet article  est offert par le site mediapart.


Co-auteur avec Aminata Traoré de La Gloire des imposteurs, l'écrivain sénégalais évoque les liens néfastes de la France avec ses anciennes colonies à l'heure des interventions au Mali et en Centrafrique. « La France devrait se livrer à un honnête examen de conscience au lieu de continuer à prendre le monde à témoin de sa générosité et de sa grandeur d’âme en Afrique », dit-il.

C’est un petit livre de correspondance à l’ancienne, des mails échangés au gré des mois pendant deux ans entre deux intellectuels africains : la Malienne Aminata Traoré, essayiste, altermondialiste et ancienne ministre de la culture de son pays, et le Sénégalais Boubacar Boris Diop, romancier et journaliste. 
Entamés début 2012, leurs échanges se trouvent vite accaparés par la conquête du nord du Mali par les djihadistes, puis par l’intervention française. Mais les mails que s’envoient ces deux écrivains, rassemblés dans un livre qui vient de paraître, La Gloire des imposteurs (Éditions Philippe Rey), concernent également une multitude d’autres sujets liés à l’Afrique, leur continent de naissance et celui où ils ont choisi de vivre : une Afrique, principalement sa partie francophone, qu’ils aimeraient voir libérée des chaînes pesantes du néo-colonialisme, débarrassée des autocrates et dépeceurs en tous genres, et traçant sa propre route dans le XXIe siècle.

Nous avons profité du passage à Paris de Boubacar Boris Diop pour l’interroger sur les différents fils de réflexion qui traversent son ouvrage et qu’il n’est pas incongru de relier à l’actuelle opération française en Centrafrique.


Votre livre de correspondance avec Aminata Traoré est marqué par l’intervention française au Mali. Depuis, il y a eu une nouvelle opération hexagonale en Centrafrique, qui est la cinquantième depuis les indépendances. Qu’est-ce que cela vous inspire ?

Boubacar Boris Diop. Le compte est vite fait : une intervention militaire par an pendant un demi-siècle. C’est une situation unique : la Grande-Bretagne n’a jamais monté une opération dans son ex-empire colonial sous prétexte de sauver tel ou tel pays de ses démons. On peut en dire de même du Portugal et de la Belgique. Toutes ces anciennes puissances européennes ont compris que le fait colonial a une fin et qu’il faut savoir en prendre acte.
Cette exception française, le refus de décoloniser, devrait inciter les Français à se demander : « Pourquoi sommes-nous les seuls à agir de la sorte ? » Complice des génocidaires du Rwanda, la France devrait se livrer à un honnête examen de conscience au lieu de continuer à prendre le monde à témoin de sa générosité et de sa grandeur d’âme en Afrique.

Que l’on ne me dise surtout pas que je suis en train de me défausser sur la France : je sais bien que nous sommes, nous intellectuels et hommes politiques d’Afrique francophone, totalement responsables de ce qui nous arrive. La France n’ose pas piétiner la souveraineté de ses anciennes colonies d’Afrique du Nord ou d’Asie et si elle se comporte ainsi avec nous, c’est que nous la laissons faire. Nous revenons très souvent sur cette incroyable veulerie des élites d’Afrique francophone dans notre livre. Notre génération a failli, nous avons failli avec elle, Aminata Traoré et moi-même, mais nous avons à cœur d’aider les jeunes à prendre la mesure du lavage de cerveau qui nous a transformés en zombies et a mené nos pays à leur perte.


Au Mali, dans la foulée de l’opération Serval, les Maliens applaudissaient l’intervention française. En Centrafrique, au mois de novembre 2013, tout le monde sur place, citoyens ordinaires et politiciens, appelait de ses vœux une intervention étrangère. N’est-ce pas troublant ?

C’est plus que troublant, c’est très choquant. Les jeunes Maliens qui applaudissaient les soldats de Serval étaient sincères, ils venaient d’être délivrés des djihadistes. Mais ces vivats ne pouvaient qu’être éphémères, ce que ne semblaient pas avoir compris de nombreux journalistes français qui nous tympanisaient avec leurs cocoricos. Je me suis un peu moqué d’eux à l’époque en disant qu’à leur place, je me serais quand même dit que la mariée est trop belle. Après toutes les atrocités commises au cours des siècles par la France en Afrique, ces applaudissements étaient tout simplement contre nature. Et comme il fallait s’y attendre, un sentiment anti-français a vite pris le dessus sur ces effusions.
Je ne dirais pas que ce ressentiment est très fort au Mali mais il existe, surtout à cause du statut singulier de Kidal, cette ville du nord offerte comme un sanctuaire à la rébellion touareg.

Un des indices de ce rapide désamour, c’est l’attitude du nouveau président Ibrahim Boubacar Keita. Je m’étais personnellement attendu à le voir se montrer aussi docile qu’éperdu de reconnaissance envers Paris. Et voilà qu’aussitôt après avoir dit merci, dignement, il se met à poser les vrais problèmes, notamment celui de Kidal, sur un ton courtois mais ferme. Ça, c’est un signe des temps et il devrait faire réfléchir les maîtres d’œuvre de la politique africaine de la France. Tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se casse.

Les limites, dangers et ambiguïtés de l’opération en Centrafrique devraient également alerter qui de droit. La France faisait la loi chez Bokassa et elle n’arrive même plus à faire la police à Bangui… Il est évident que les 1 600 soldats de Sangaris ne pourront jamais contrôler un pays de plus de 600 000 kilomètres carrés. Ils ont juste réussi à jeter de l’huile sur le feu et chacun voit bien que la situation n’a jamais été aussi grave.

D’ailleurs, dans les deux cas, Mali et Centrafrique, le tableau est presque toujours présenté de façon caricaturale : les Africains s’entretuent, comme à leur habitude, et des soldats blancs arrivent et les séparent car eux sont civilisés. C’est d’un simplisme outrancier. On passe trop vite par pertes et profits la forte présence militaire de nombreux pays africains. Au Mali, les Nigérians sont plus de 1 200, les Sénégalais sont environ 500, dont deux sont morts il y a quinze jours, mais on oublie surtout les 1 800 soldats du Tchad, pays qui a payé le plus lourd tribut dans cette guerre. Si la situation s’est améliorée au Mali, c’est avant tout grâce à leur sacrifice.
Malheureusement, le rôle important des Tchadiens dans cette guerre (NDR - sept soldats français sont morts au Mali contre plusieurs dizaines de Tchadiens) a permis de re-légitimer Idriss Déby. Ce chef d’État que l’on aurait pu croire condamné par l’histoire s’est trouvé hélas brusquement projeté au centre du jeu. On a eu le même sentiment lorsque le père Georges Vandenbeusch a été libéré au Cameroun : François Hollande a multiplié les remerciements appuyés à Paul Biya, un autre dinosaure de la Françafrique que l’on espérait voir quitter sous peu la scène. Bref, la situation est beaucoup plus complexe que ne le laisse entendre un lapidaire « nous intervenons, nous évitons le bain de sang et nous rentrons chez nous ! ».


La Françafrique n’est plus ce qu’elle était du temps de Jacques Foccart, mais en même temps, elle n’a été remplacée par aucune autre politique alternative, et la France continue de jouer un jeu ambigu en intervenant en Afrique, en remerciant Déby ou Biya…

On n’est certes plus à l’ère des réseaux mafieux de Foccart, des putschs militaires et des mallettes d’argent « rétrocédées » aux présidents français par leurs homologues africains.

La Françafrique a su évoluer intelligemment, elle s’est mis une belle cravate par souci de respectabilité mais, dans le fond, rien n’a changé.

Et pourtant chaque nouveau locataire de l’Élysée tient à annoncer solennellement que « La Françafrique, c’est fini ! ». C’est en fait un aveu, une façon de reconnaître que ce système de domination est immoral et indéfendable. Il n’en est pas moins indispensable à la France, car au-delà du colossal profit matériel qu’elle en tire, il lui garantit une position plus forte sur l’échiquier politique international.

Si elle perd l’Afrique, la France n’a plus rien à faire au Conseil de sécurité et je la verrais au même rang que l’Italie et l’Espagne. Personne ne parlerait du « couple franco-allemand » ! C’est sans doute pour cette raison qu’il existe un consensus exceptionnel dans la classe politique française sur la politique africaine de Paris.

En la matière, il n’y a ni gauche ni droite et même l’extrême gauche sait se faire très discrète sur le sujet. Mais c’est, encore une fois, à nous Africains de mettre fin à la Françafrique par notre combat. Ce que montre l’histoire humaine, c’est que celui qui ne se bat pas reste dans les fers. Il faut être bien naïf pour prendre au sérieux un chef d’État français jurant, la main sur le cœur, de mettre fin à une situation si profitable à son pays.


Vous êtes d’ailleurs très critiques dans votre livre sur les intellectuels africains, qui s’adressent principalement à des publics étrangers et non à leurs concitoyens. Mais est-ce vraiment un déficit de pensée et d’idées, ou l’absence de lieux de débats publics en Afrique ?

Les lieux de débats ne manquent pas. Par exemple, deux amis écrivains et moi-même avons récemment créé une maison d’édition et repris une librairie dakaroise où on discute beaucoup, la presse est libre au Sénégal et les contre-pouvoirs, partis et syndicats, fonctionnent tant bien que mal… On ne peut cependant nier le phénomène de la fuite des cerveaux. C’est en effet à partir de l’étranger que certains de nos meilleurs intellectuels, en tout cas les plus écoutés, parlent d’une Afrique qu’ils ont parfois quittée très jeunes. Et c’est à des étrangers qu’ils en parlent, pas à leurs compatriotes.

Leurs postures d’intellectuels de la globalité, ça veut dire qu’ils parlent d’un village planétaire complètement désert, quasi pétrifié. Leur réflexion est brillante, souvent érudite, mais je la trouve creuse et tellement détachée du réel que c’en est parfois comique. Avec cela, on réussit le tour de force de disserter sur les crises dans les pays africains francophones en occultant et leur singularité historique et l’action de la France. Il est vrai qu’il est plus facile de récolter les faveurs du public français lorsqu’on critique les dictateurs africains sans rien dire de leurs parrains... Ce n’est pas très digne.

Il faut ajouter à tout cela une information sur l’Afrique si lacunaire et orientée que les discussions restent très superficielles et vagues. C’est par exemple via RFI et France 24 que nous savons ce qui passe sur le continent, même dans les pays frontaliers. Et cela laisse forcément des traces. La balkanisation intellectuelle est telle que même si nous parlons toujours de l’Afrique comme d’un seul pays, vous ne verrez jamais un journal sénégalais titrer sur Blaise Compaoré (NDR - le président du Burkina Faso).


Le moment de l’écriture de votre ouvrage correspond en partie à celui des printemps arabes. Je trouve que vous avez un regard très critique sur ces événements.

Je suis un peu réservé, oui. Je vivais en Tunisie lorsque tout cela est arrivé, et ça m’a fourni des clefs pour lire ces événements. Pendant que les télévisions occidentales s’excitaient sur le « printemps arabe », moi, je me posais toutes sortes de questions. Il y avait dans toute cette agitation un air de déjà-vu, de déjà entendu. Je me suis souvenu qu’après le discours de La Baule de Mitterrand, il y a eu des soulèvements populaires et des conférences nationales en Afrique francophone au sud du Sahara. Des dictateurs comme Mobutu, Bongo, Eyadema ont dû composer, pour la première fois de leur vie, avec leurs peuples.

Très vite, on s’est rendu compte qu’il s’agissait du simple réaménagement d’un système à bout de souffle, une façon de le réhydrater. Avec les fameuses « indépendances » des années soixante aussi, on s’était de même fait joliment avoir, comme chacun sait. J’ai eu l’impression que les révolutions arabes, c’était juste ça, malgré le bruit et la fureur, un marché de dupes.
Mais je ne dis pas cela pour disqualifier le « printemps arabe », je sais bien que comparaison n’est pas raison. Cette révolte est venue des profondeurs de la société. En Tunisie, c’est passé par le suicide de Bouazizi mais personne n’a rien vu venir, pas même Ben Ali. De même, les rassemblements sur la place Tahrir n’étaient pas au programme, c’est le peuple égyptien qui a obligé les Occidentaux à laisser tomber Moubarak.
Mais d’autres agendas, particulièrement pervers, se sont rapidement engouffrés dans la brèche, comme on l’a vu en Libye, en Syrie ou à l’occasion des tentatives d’intimidation, restées sans suite, du Maroc et de l’Algérie. Et aujourd’hui, mes amis tunisiens ont plutôt tendance à déchanter.


Comment expliquez-vous que cette étincelle qui s’est propagée dans le monde arabe en 2011, avec des fortunes très diverses, ne se soit pas du tout répandue au sud du Sahel, alors que les mêmes conditions semblaient réunies : des vieux dictateurs, des appareils d’État corrompus… ?

J’ai presque envie de dire que c’est une curiosité de la science politique… Pour ne prendre qu’un seul exemple : Blaise Compaoré, c’est un dictateur, il n’y a aucun doute là-dessus, mais à Ouagadougou vous pouvez lire chaque matin une presse très critique à l’égard de son régime. Grâce à certaines soupapes de sécurité, vous n’avez pas du tout à Yaoundé ou à Ouaga ce sentiment d’étouffement que l’on pouvait éprouver en Tunisie sous Ben Ali. En outre, dans chaque pays subsaharien, les gens savent se battre quand il le faut. Il y a juste deux semaines, 75 responsables du parti de Compaoré ont démissionné en bloc, et au Sénégal, lorsque Abdoulaye Wade a voulu prolonger son mandat, toute la population s’est dressée contre lui.
Ce n’était pas envisageable ni en Libye, ni en Tunisie, ni en Égypte, car dans ces pays du « printemps arabe » le peuple était supposé tout accepter sans broncher. Tout cela montre à quel point il faut se méfier des apparences. À mon avis, les sociétés humaines progressent par petites poussées millimétriques, pas forcément en faisant de grands bonds en avant.


En revenant sur votre jeunesse dans le livre, vous semblez regretter votre engagement au côté du communisme dont vous dites que c’était un combat qui concernait avant tout l’Occident et non pas l’Afrique. Est-ce qu’on ne peut pas relier cela au fait que les indépendances en Afrique ont coïncidé avec l’apogée de la guerre froide : les nouveaux pays africains se sont retrouvés sommés de choisir un camp et certains des dirigeants les plus prometteurs comme Patrice Lumumba ont été assassinés au nom de cette lutte idéologique ?

L’exemple du Congo est intéressant : en 1961, ce pays est à la croisée des chemins, il peut aller vers l’indépendance avec Lumumba ou avec Mobutu, mais puisque c’est la guerre froide, on élimine sans pitié le patriote congolais et le fantoche Mobutu, placé sur le trône, saccage littéralement son pays pendant plus de trente ans avec la complicité de ses parrains étrangers. Au Congo, c’est l’espoir qui a été assassiné. Pour ce qui est du communisme, nous avons surtout regretté dans La Gloire des imposteurs le fait que n’ayons pas réussi à adapter cette idéologie à nos réalités. Dans la fougue de la jeunesse, nous avions une lecture assez primitive du marxisme, réduisant tout aux rapports de production et à la lutte des classes. Lorsque certains parlaient de la culture, on les accusait de faire preuve de nationalisme étroit.

À l’époque, nous aurions dû davantage écouter des hommes comme Cheikh Anta Diop (historien, anthropologue et homme politique sénégalais, Ndlr) et faire l’effort de mieux connaître nos sociétés avant de prétendre les changer. Faute de repères sûrs, nous nous sommes trouvés face à un vide abyssal ; lorsque le Mur de Berlin s’est effondré, nous avons été complètement désemparés. La plupart des militants de cette époque-là sont passés de l’intégrisme communiste à l’intégrisme islamique, ce qui est une façon de s’obstiner dans le contournement de soi. Je suis d’accord avec Lévi-Strauss pour qui l’obligation de se déterminer par rapport au capitalisme ou au communisme a été pendant la guerre froide une façon d’imposer la rationalité occidentale au monde entier.


Sans trop vous étendre sur cette comparaison, vous notez dans votre livre que les Sud-Américains ont gardé un certain ressentiment, une méfiance instinctive à l’égard des États-Unis qui les ont dominés pendant des décennies, alors que l’Afrique francophone continue, elle, de regarder la France avec bienveillance malgré les douleurs et les méfaits de la colonisation.

Je déplore surtout notre faible capacité d’indignation. La mémoire des peuples sud-américains est riche des luttes de Sandino, de Bolivar, de Che Guevara, mais aussi des souffrances de ceux que l’on a torturés en Argentine ou du martyre d’Allende au Chili… Cette mémoire-là, elle continue à nourrir une résistance multiforme à l’impérialisme américain.

Or qui se souvient en Afrique francophone des luttes du peuple camerounais et des terribles massacres de l’armée française en pays Bamiléké ? On parle bien sûr de Thomas Sankara, d’Amilcar Cabral et de Lumumba, mais ils ne nous servent pas autant qu’il le faudrait de repères pour la réflexion et l’action.

Je pense que la seule vraie réussite militante de l’Afrique indépendante, ça a été la lutte contre l’apartheid. Dans toutes les écoles du Sénégal, au-dessus du tableau noir, il était écrit : « L’apartheid est un crime contre l’Humanité. »
Ça n’a l’air de rien mais des générations qui grandissent avec ces mots-là sous leurs yeux, c’est précieux pour l’idéal de liberté et de souveraineté d’une nation. Ces mots font surgir des images et ils étaient en résonance, pour le jeune Sénégalais, avec ce qu’il avait entendu le matin à la télé ou à la radio.

Peut-être faudrait-il écrire dans toutes les salles de classe : « La Françafrique est un crime contre l’Humanité ! »
Mais je dis cela pour m’amuser, je sais bien que ce n’est pas demain la veille et c’est bien là tout notre problème.


Il y a une persistance de la Françafrique dans les mentalités françaises, illustrée par le discours de Dakar de Nicolas Sarkozy, qui est profondément méprisant…

Sarkozy ne pensait peut-être pas aux Africains en général mais aux anciens colonisés que nous sommes. Du reste, quelques jours après son discours de Dakar, il va au Cap et y tient des propos si convenus que tout le monde les a oubliés, car là-bas, il se sait loin du pré carré, dans un pays qu’il est obligé de respecter. On raconte aussi que François Mitterrand avait un mépris viscéral pour les dirigeants d’Afrique francophone avec qui il traitait. Il savait que ces gens étaient en train de brader leurs pays, de vendre leurs peuples à l’encan et il en profitait sans état d’âme mais il ne pouvait pas les sentir, c’était plus fort que lui. À Dakar, Sarkozy est en pays conquis, il se dit : « Je suis chez moi, je peux y aller à fond la caisse. » On ne le rappelle pas aussi souvent qu’il le faudrait, sans doute par pudeur, mais ce discours complètement fou a été salué par des applaudissements nourris à Dakar !


J'ai rencontré Boubacar Boris Diop pendant une heure dans un café parisien mercredi 15 janvier 2014. Il a relu et amendé la retranscription de notre entretien.








samedi 18 janvier 2014

L'édito de Billets d'Afrique et d'Ailleurs (janvier 2014)


Retrouvez ici chaque mois l'édito du mensuel publié par SURVIE :
Billets d'Afrique et d'ailleurs.
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La guerre, c’est la paix. Le pillage, c’est l’aide. L’ignorance, c’est la force.

13 janvier 2014 par Odile Tobner

 

On est frappé par la sauvagerie et l’archaïsme qui marquent nos relations avec nos « anciennes » colonies d’Afrique francophone, où le recours à la force constitue toujours l’alpha et l’oméga.

En entendant Hollande affirmer lors de ses voeux à la nation que les interventions de l’armée française en Afrique n’avaient d’autre but que d’y ramener la paix, on croyait revoir Guy Mollet défendre la « pacification » de l’Algérie. Rien d’étonnant, puisque la loi de programmation militaire qui vient d’être votée rend à nos militaires les « pouvoirs spéciaux » qu’ils avaient reçus du gouvernement SFIO de Mollet et Mitterrand pour « pacifier  » l’Algérie – en réalité pour y pratiquer en toute impunité tortures et exactions, avec le succès que l’on sait. Déploiements de troupes dans des pays en proie à des troubles civils, soutien à des dictatures compradores, déstabilisations sournoises et corruption, voilà à quoi se résume notre politique africaine, et le fait qu’elle se revête depuis l’opération Licorne des habits du droit international ne change en rien à son caractère foncier : la violence.

Durant ce temps, la Grande-Bretagne a su nouer avec un Commonwealth profondément renouvelé des relations civilisées. Même un pays comme la Chine, dont les médias français dénoncent sans relâche l’expansion en Afrique, tisse des liens avec la société civile africaine via une politique généreuse d’octroi de visas et de bourses aux étudiants africains, bien éloignée de la crainte obsessionnelle de la démographie africaine qui marque nos rapports avec les migrants venus d’Afrique.
C’est que nos médias de masse abreuvent l’opinion française d’une propagande négrophobe destinée à justifier le recours à la violence en faisant des habitants de ces pays un ramassis de brutes à réduire par le feu et à tenir sous le joug de dictatures bestiales.
Ils nous pilonnent sans relâche de bavardages de prétendus experts transpirant le racisme et d’images de masses africaines se livrant à des lynchages, sans jamais donner la parole aux citoyens maliens, camerounais, togolais, centrafricains, qui sont pourtant nombreux à parler parfaitement notre langue, hormis pour exprimer une position de stricte vassalité à la politique françafricaine.

Verrouillé par cette idéologie négrophobe qui justifie en dernière analyse l’exploitation brutale de l’Afrique francophone, notre pays est définitivement incapable de considérer les femmes et les hommes de ces pays comme des citoyens avec lesquels instaurer un dialogue politique.
Tout autant imprégnés de cette négrophobie dans laquelle ils macèrent, nos dirigeants enfoncent notre pays dans une guerre généralisée contre l’Afrique francophone, aux dépens de tout autre projet collectif – toutes nos politiques publiques sont en décadence, à commencer par notre système d’éducation, de moins en moins performant – et pour quel bénéfice ?
Les intérêts que l’establishment politico-militaire drogué à la violence prétend défendre en Afrique ne sont en rien nationaux puisqu’ils sont ceux de multinationales qui ne paient d’impôts ni dans les pays dont ils exploitent les ressources, ni même en France.
Même les groupes particuliers qui dans ces pays avaient fondé quelque espoir sur l’intervention de la France se retournent peu à peu contre elle quand ils comprennent qu’ils ont été joués – c’est le cas en Côte d’Ivoire, et déjà au Mali et en Centrafrique.

En poursuivant dans la violence une histoire commune commencée dans la violence, ce n’est pas tant l’avenir de l’Afrique que celui de la France que notre gouvernement compromet, d’une façon peut-être définitive